Argumenti
- Par Francis Marcoin
Pages 9 à 12
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- MARCOIN, Francis,
- Marcoin, Francis.
- Marcoin, F.
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À l’origine de notre propos, une question sur les rapports de la littérature et de l’école, de la littérature et des jeunes. Question exprimée presque trivialement tant ces trois termes semblent impropres à susciter aujourd’hui quelque réflexion un tant soit peu dynamique, question qui touche pourtant à de multiples inquiétudes.
Quelle place la littérature occupe-t-elle aujourd’hui dans notre société, et notamment dans la population la plus jeune ? Quel est son avenir ? On observe des comportements nouveaux, mais la jeunesse, loin d’être une entité homogène, entretient des rapports d’identification et de conflit avec divers modèles de lecteurs, populaires ou lettrés, qui par-delà leurs profondes différences, se rejoignent sur la valorisation de l’œuvre littéraire.
Cette idée majeure nous amène à considérer autrement un certain nombre de travaux sociologiques dominés par l’idée de « distinction », et surtout à essayer de retrouver la généalogie de ce « sentiment littéraire », qui remonte au moins à la période de la Révolution et aux projets d’instruction généralisée, marqués par une orientation fondamentalement nouvelle : il ne s’agit pas seulement d’apprendre à déchiffrer ou à signer son nom, mais d’avoir accès au sens. Opposition radicale entre la simple alphabétisation, déjà bien engagée sous l’Ancien Régime, et ce qu’on pourrait appeler, en reprenant un terme du vieux français, une « lettrure » généralisée, celle-ci conduisant à la fabrication de nouveaux manuels dominés par le savoir et la morale, tout en générant une fiction nouvelle, une littérature enfantine mais aussi une littérature accessible à un public élargi…
Date de mise en ligne : 20/07/2018
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