Chapitre II - La lecture, une geste héroïque
- Par Francis Marcoin
Pages 31 à 47
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- MARCOIN, Francis,
- Marcoin, Francis.
- Marcoin, F.
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Notes
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[1]
Bouillot, le Français par les textes, CM, Hachette.
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[2]
Qui a cassé le vase de Soissons ? L’album de famille de tous les Français, Laffont, 1963.
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[3]
Cité dans Laclef et Bergeron, La Lecture au CE, Delalain, 1903, encore publié en 1927.
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[4]
Hetzel, 1882.
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[5]
Les Chemins des livres, CM2, Obadia-Rausch, Hachette, 1985.
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[6]
Stock, Delamain et Boutelleau, 1943.
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[7]
Mon village : Ses hommes – ses routes – son école. 1848-1914, l’Ascension d’un peuple, Delagrave, 1944.
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[8]
Michel Louis Levy, « Lire, écrire, compter, Population et sociétés », Bulletin mensuel d’informations démographiques, économiques, sociales, n° 225, juin 1988.
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[9]
Lire et écrire, l’alphabétisation des français de Calvin à Jules Ferry, Éditions de Minuit, 1977.
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[10]
Cf. Schofield, « The measurement of literacy in Pre-Industrial England », Literacy in Traditional Societies, ed. Goody, Cambridge, 1968.
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[11]
René Grevet, « l’instruction des ruraux dans le Pas-de-Calais au début de la révolution française », Revue du Nord, avril-juin 1987.
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[12]
« L’alphabétisation dans les campagnes françaises au XIXe siècle », le Français aujourd’hui, revue de l’Association des Enseignants de Français, n° 91, septembre 1990.
La conquête de la lecture assure le lien entre les grands et les petits de ce monde, entre le for privé et le for public, et illustre sans doute au plus près la devise « liberté, égalité, fraternité », triptyque dont on se doute bien qu’il est loin de la réalité sociale, mais qui se réalise fictivement dans cette revendication commune. Par-delà les nostalgies contemporaines pour ce qui aurait été un âge d’or de la citoyenneté, il n’en demeure pas moins que la IIIe République reste liée à l’idée d’école et de lecture.
J’ouvre un vieux manuel de lecture, j’y trouve régulièrement un de ces apologues où la lecture vaut d’autant plus qu’elle est une conquête, qu’elle n’est ni imposée ni offerte, mais presque ravie. Ainsi la gloire du général Drouot repose-t-elle pour l’essentiel sur ses prouesses de jeune garçon assoiffé de connaissance. C’est toujours, avec quelques retouches, le même extrait tiré de Lacordaire : « poussé à l’étude des lettres par un très précoce instinct », le jeune Drouot est autorisé à fréquenter des leçons de plus en plus élevées, mais sans que rien lui soit épargné du travail de la maison et de la boulangerie de ses parents. Il est obligé de lire la nuit, à la lueur de la lune ou d’une mauvaise lampe qui s’éteint avant le jour : « Alors il s’approchait du four ouvert et enflammé et continuait, à ce rude soleil, la lecture de Tite-Live ou de César. »
Il y a quelques années, dans un beau livre partagé entre la moquerie et l’admiration, Gaston Bonheur a rassemblé quelques-uns des textes toujours repris dans les manuels, et fondateurs de cette révérence devant l’écrit…
Date de mise en ligne : 20/07/2018
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