5. Ne me quitte pas (Jacques Brel)
La rupture, les larmes de Jacques
Pages 33 à 37
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- MEILLERAND, Didier,
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- Meillerand, D.
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On ne peut qu’être étonné d’entendre Jacques Brel supplier une femme de la sorte. Lui qui décrivait les hommes comme des aventuriers que de coupables « pondeuses » cherchaient depuis toujours à retenir à la maison ; lui dont on connaît le très fort attachement à la liberté et qui chantait si bien l’amitié virile, le voilà qui pleurniche comme une fillette et semble craindre l’abandon comme la peste, au point peut-être même de partir le premier par crainte d’être quitté. Sachez que, depuis longtemps, la psychologie a identifié ce type de comportement qu’elle a baptisé « syndrome de Gribouille » ; nous y reviendrons un peu plus loin. Fiction pure ou réalité, toujours est-il qu’un de ses plus grands succès décrit un homme désespéré à cause de ce qu’il éprouve comme une mort psychique.
Alors Brel implore, Brel gémit et va même jusqu’à se déshonorer en avouant à sa compagne, pour ne pas la perdre, qu’il pourrait aller jusqu’à devenir l’ombre de son chien. L’image est forte. Mais est-ce donc cela aimer ? Beaucoup le pensent qui se seront sans doute reconnus dans ce petit chef-d’œuvre. L’amour-fusion, indissociable de la dépendance affective, est probablement la forme la plus courante du lien amoureux. En effet, nous pouvons aisément imaginer que le personnage de la chanson n’a pas une bonne estime de soi et que les causes de cette fragilité sont à chercher du côté de la petite enfance. C’est à ce moment-là que naquirent les traits caractéristiques de cet amour boiteux : un très fort besoin de soutien, de reconnaissance, d’amour ou d’amitié, mais aussi une peur panique de l’abandon et/ou de la séparation…
Date de mise en ligne : 04/06/2024
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