Une première pierre à l’édification de l’exception culturelle
- Par Pierre Lescure
Pages 76 à 77
Citer ce chapitre
- LESCURE, Pierre,
- Ouvrage coordonné par VERGNOL, Maud,
- Lescure, Pierre.
- Lescure, P.
- Ouvrage coordonné par M. Vergnol
https://doi.org/10.3917/lhum.vergn.2024.01.art030
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« Quand les vedettes de l’écran défilent sur les
boulevards… » titrait l’Huma du 4 janvier 1948,
annonçant la manifestation du jour même.
« Tous unis, nous sauverons le cinéma français », affirmait
toujours à la Une l’actrice Madeleine Sologne.
Un peu d’histoire. Abîmée, exsangue après quatre années
d’occupation, la France est à reconstruire. Les États-Unis
du président Truman s’apprêtent à proposer au monde leur
fameux plan Marshall. En 1946, Léon Blum et Jean Monnet,
pour le gouvernement français, et James Byrnes, secrétaire
d’État américain, parviennent à un accord. Il s’agit de négocier
un nouveau prêt et une annulation de la dette française. Mais
rien n’est gratuit. Les Américains sont généreux… jusqu’à une
certaine limite. La France doit renoncer à tout protectionnisme.
Les accords Blum-Byrnes lèvent les garde-fous qui prévalaient
jusqu’alors, à savoir une politique de quotas qui imposait un
équilibre dans l’exploitation en salle des films français et américains, permettant ainsi à l’industrie du cinéma américain de
pénétrer le marché français.
Deux ans ont passé depuis la signature de l’accord et
les effets des accords Blum-Byrnes se font sentir. Le journal
l’Humanité publie des chiffres à ce titre instructifs : en 1946,
183 films américains contre 92 films français obtiennent un
visa d’exploitation. Pour le seul premier semestre de 1947, ce
sont 338 films américains contre 55 films français qui sortent
en salles. C’est de la survie d’une production nationale qu’il
s’agit alors…
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