2. La monarchie absolue, Gulliver empêtré ?
Pages 59 à 85
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- MARTIN, Jean-Clément,
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- Martin, J.-C.
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Comment expliquer que la monarchie « absolue » par excellence, dirigeant la France, pays le plus peuplé et le plus riche d’Europe, ait pu ainsi disparaître en quelques années entre 1787 et 1793 ? L’hypothèse était inenvisageable pour les visiteurs qui, venant de toute l’Europe, défilaient à Versailles pour assister aux repas du roi et de la reine et ressortaient subjugués – et horrifiés – par le décorum et l’étiquette, inconnus dans les autres cours. On comprend que la « prise de la Bastille » de 1789 ait pu équivaloir à l’effondrement du « mur de Berlin » deux cents ans plus tard. L’impensable était arrivé.
Pour comprendre, faut-il invoquer le complot des Jacobins et des francs-maçons, comme le voulait l’abbé Barruel, inaugurant au xviiie siècle une des traditions historiques de droite, ou la « crise de l’Ancien Régime » selon l’historien du xxe siècle Ernest Labrousse qui illustra et justifia longtemps la tradition marxisante ? La Révolution a-t-elle été faite par le peuple, pauvre Job sur son fumier, pour citer Michelet, grand pourvoyeur d’images fortes – et fausses – sur le sujet ? Faut-il, au contraire parler de coup de tonnerre dans un ciel serein, en insistant, comme beaucoup d’auteurs, sur l’opposition entre les cahiers de doléances félicitant le roi, « père des peuples », de réunir les états généraux et la brutalité, en quelque sorte inattendue, des événements des années suivantes ? Ou faut-il accorder crédit à l’anecdote bien connue et considérée comme explicative de Bonaparte qualifiant Louis XVI de « couillon » parce que celui-ci n’avait pas eu le courage de faire disperser par la troupe les femmes venues à Versailles en octobre 1789 …
Date de mise en ligne : 22/10/2024
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