17. Thermidor ou le désarroi
Pages 581 à 614
Citer ce chapitre
- MARTIN, Jean-Clément,
- Martin, Jean-Clément.
- Martin, J.-C.
Citer ce chapitre
- Martin, J.-C.
- Martin, Jean-Clément.
- MARTIN, Jean-Clément,
Thermidor est un concept autant qu’un événement. Dès le début de la révolution bolchevique, Lénine cherchait ainsi à prévoir qui organiserait « Thermidor ». Curieusement, les historiens de l’école « critique », qui mirent en garde contre les mirages créés par les acteurs de la Révolution à ses débuts et dénoncèrent le récit né en 1789, adoptèrent sans objection celui qui fut tenu en juillet 1794 autour de la chute et de la mort de Robespierre. S’ils analysèrent les rumeurs qui déclenchèrent et suivirent cet événement, ils ne remirent pas en cause la machine fantasmatique qui produisit autant de fumée en 1794 qu’elle l’avait fait cinq ans plus tôt. Ainsi, étonnamment, la Révolution commençait à une date flottante pour se clore dans sa phase la plus radicale, la Terreur, précisément le 27 juillet 1794, parce que si on ne pouvait pas croire les contemporains en 1789, on pouvait leur faire confiance cinq ans plus tard.
Sur ce point au moins, l’interprétation de juillet 1794, la convergence se réalisait avec les historiens, favorables à la Grande Révolution, de l’école « classique », ceux pour qui la rupture de 1789, portée par les cahiers de doléances et scandée par la Bastille et par la nuit du 4 août, avait inscrit dans le marbre l’entrée dans une époque nouvelle. Les choses étaient claires : Thermidor est un terminus, après quoi s’ouvraient, au mieux, des voies laborieuses pour bâtir la cité républicaine, au pire, la descente démagogique achevée par l’Empire. Dans cette perspective, les deux écoles se retrouvent aussi, plus discrètement, pour se concentrer sur l’action et le destin de Robespierre dans les mois qui courent d’avril à juillet 1794, comme si rien d’autre n’avait eu lieu…
Date de mise en ligne : 22/10/2024
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
10,99 €
Acheter ce chapitre
7,00 €